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Le trauma est stocké dans le corps -Comprendre ce qu'il t'arrive

Le trauma n’est pas “dans la tête”


On entend souvent dire que le trauma est mental, que c’est une histoire du passé, quelque chose qu’il faudrait comprendre, analyser, dépasser. Comme si, avec assez de conscience, de réflexion et de travail sur soi, tout devait finir par aller mieux.

Mais si c’était si simple, beaucoup de personnes seraient déjà guéries.


La réalité est différente. Le trauma n’est pas seulement une pensée. Ce n’est pas seulement un souvenir. Le trauma est avant tout une expérience vécue par le corps. Et c’est dans le corps qu’il se stocke.

Ce que tu ressens aujourd’hui n’est pas une faiblesse personnelle, ni un manque de volonté, ni un échec thérapeutique. C’est le fonctionnement naturel d’un système nerveux qui a appris à survivre.


Et ce que je t’explique ici ne relève pas de croyances spirituelles ou de développement personnel flou. Ce sont les conclusions de décennies de recherches menées par des médecins et chercheurs comme Gabor Maté, Peter Levine et Bessel van der Kolk.


Le trauma, ce n’est pas ce qui t’est arrivé

Contrairement à ce qu’on pense, le trauma n’est pas l’événement en lui-même. Deux personnes peuvent vivre la même situation, et l’une sera profondément marquée, tandis que l’autre s’en remettra.

Comme l’explique Gabor Maté, le trauma, c’est ce qui se passe à l’intérieur de toi quand tu traverses quelque chose de trop intense, trop soudain ou trop long, sans soutien suffisant.

Autrement dit, ce n’est pas ce que tu as vécu qui crée le trauma. C’est la façon dont ton corps a dû s’adapter pour survivre.

Le trauma n’est pas une histoire. C’est une adaptation biologique. Une stratégie de survie.Une intelligence du vivant.


Pourquoi le corps garde la trace

Quand un danger survient, le corps réagit avant même que tu puisses penser. Il active des mécanismes automatiques de survie : fuite, lutte, figement, adaptation. C’est instinctif. C’est neurologique. C’est normal.

Mais lors d’un choc ou d’une situation trop intense, ces mécanismes ne se désactivent pas toujours après coup. Le corps reste bloqué dans un état d’alerte.

Bessel van der Kolk explique que pendant un trauma, les zones du cerveau liées au langage, à l’analyse et à la narration se mettent en veille, tandis que les zones liées à la survie prennent le contrôle. C’est pour cela que certaines personnes ne se souviennent pas clairement de ce qu’elles ont vécu, mais ressentent encore aujourd’hui des réactions très fortes dans leur corps.

Le trauma devient alors une mémoire corporelle. Pas une mémoire racontable ou un souvenir logique. C'est une trace physiologique et comprendre cela change notre rapport à notre corps, nos mécanismes, nos réactions.


Comment le trauma se manifeste dans le corps

Le trauma ne se manifeste pas toujours par des souvenirs clairs. Il apparaît souvent de manière indirecte, diffuse, quotidienne.

Cela peut être :

  • une respiration courte

  • une fatigue chronique

  • des tensions dans la mâchoire, le ventre, les épaules

  • des troubles du sommeil

  • une anxiété constante

  • une hypervigilance permanente

  • une incapacité à se détendre même quand tout va bien

  • une sensation d’être toujours sur le qui-vive


Chez certaines personnes, cela prend la forme d’une coupure émotionnelle.Chez d’autres, une suradaptation permanente. Chez d’autres encore, une hypersensibilité, une hyperréactivité, une instabilité intérieure.

Peter Levine explique que le trauma correspond souvent à une réponse de survie qui n’a pas pu aller jusqu’au bout :une fuite impossible, une défense empêchée,une peur figée,une immobilisation forcée.

L’énergie de survie reste alors bloquée dans le corps.


Des réactions normales à des situations anormales

Face au danger, le corps peut :

  • vouloir fuir

  • vouloir se battre

  • se figer

  • s’adapter excessivement pour rester en sécurité

Ces réactions ne sont pas des défauts. Ce sont des stratégies de survie.

Gabor Maté rappelle que ce que l’on appelle souvent des “traits de caractère” sont en réalité des adaptations à un environnement insécurisant.

Tu n’es pas trop sensible.Tu n’es pas trop anxieuse. Tu n’es pas trop gentille.Tu n’es pas trop contrôlante.Tu n’es pas trop rigide.


Ton système nerveux a appris à fonctionner ainsi pour survivre.

Le problème, ce n’est pas l’adaptation .Le problème, c’est quand elle continue alors que le danger n’est plus là.


Pourquoi comprendre ne suffit pas toujours

Beaucoup de personnes comprennent leur histoire. Elles savent d’où ça vient. Elles ont analysé. Elles ont travaillé sur elles. Elles ont fait des thérapies. Et pourtant, leur corps continue de réagir.

Pourquoi ?

Parce que le corps ne se régule pas avec des explications. Il se régule avec des expériences.

Il a besoin de ressentir la sécurité, pas de la comprendre.

Bessel van der Kolk le formule clairement :le corps garde le score. Tant que le corps n’a pas intégré que le danger est passé, il continue à réagir comme s’il était toujours là.


La sécurité : la vraie clé de la guérison

Le corps ne libère jamais un trauma tant qu’il ne se sent pas en sécurité.

Et cette sécurité ne se force pas. Elle ne se décrète pas. Elle ne s’impose pas par la volonté.

Elle se construit doucement, à travers :

  • la respiration

  • le mouvement doux

  • l’ancrage

  • la présence au corps

  • le rythme

  • la régulation du système nerveux

  • les expériences de sécurité relationnelle

Pas pour revivre le trauma.Pas pour le forcer à sortir. Mais pour montrer au corps qu’il peut être ici, maintenant, sans danger.

Sur ce point, Peter Levine, Gabor Maté et Bessel van der Kolk sont unanimes :la guérison passe par le corps, pas contre lui.


Tu n’es pas cassée

Si tu te reconnais dans ce que tu lis, entends ceci clairement :tu n’es pas cassée.

Ton corps a fait ce qu’il fallait pour te protéger.Il a trouvé des stratégies.Il a créé des adaptations.Il a choisi la survie.

Et ce que le corps a appris, il peut aussi l’apprendre autrement.À son rythme.En sécurité.Sans violence.Sans forçage.

Guérir d’un trauma, ce n’est pas effacer le passé.C’est permettre au corps de comprendre que le danger est terminé. Qu’il peut relâcher.Qu’il peut respirer et VIVRE!


Le trauma n’est pas une condamnation

Le trauma n’est pas une faiblesse, ni uine condamnatio à vie. C’est une trace de survie.Une mémoire du vivant.Une intelligence adaptative.


Quand tu comprends que le trauma est stocké dans le corps, tu arrêtes de te juger.Tu arrêtes de te forcer. Tu arrêtes de te violenter intérieurement.Tu changes de regard sur toi.

La guérison n’est pas un combat.Ce n’est pas une guerre intérieure.Ce n’est pas une lutte contre toi-même.

C’est un retour progressif à la sécurité, la présence, l’ancrage.À la vie.À toi.

 
 
 

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