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La Théorie PolyVagale la science de la sécurité et de l’engagement social (1/2)

Aujourd’hui je te parle d’un sujet que j’aime beaucoup et qui a une place importante dans mes accompagnements. Tu comprendras vite pourquoi.


Nous allons parler théorie polyvagal, nerf, vague, système nerveux et pourquoi il est important de comprendre l’état dans lequel tu peux être bloqué pour pouvoir en sortir ensuite. Je publierai également un épisode sur le système nerveux, un peu d’anatomie pour comprendre de quoi on parle. Car parler de régulation du système nerveux sans savoir exactement de quoi je parle n’a pas de sens. Je t’expliquerai également le lien entre trauma et système nerveux dérégulé.


La théorie polyvagale, tu en as surement déjà entendu parler, c’est devenu un peu le terme à la mode.


Avant d’avancer, je te présente brièvement le SNA. Le système nerveux autonome (celui qui dirige les fonctions autonomes et involontaires du corps comme la respiration, les muscles cardiaques, la digestion etc). il permet le maintien de l'homéostasie interne de l'organisme. Il s'oppose au système nerveux somatique, composante du système nerveux périphérique associée au contrôle volontaire des mouvements du corps dans son environnement extérieur.






La TPV publiée en 1994 et qui est le fruit des recherches de Stephen Porges, docteur en neurosciences vient nuancer tout cela.


Ce qu’il faut comprendre avant d’aller voir ce qu’est le nerf vague et la théorie en elle-même qui explique que le parasympathique aurait 2 branches et non pas une seule, c’est que lorsque nos systèmes d'autodéfense sont engagés de manière répétée ou chronique ou que nous ne sommes pas en mesure de communiquer efficacement avec les autres, nos systèmes corporels peuvent rester bloqués dans certains états inadaptés. Et c’est exactement là que  La théorie de Porges est importante car en comprenant comment nous fonctionnons, nous pouvons comprendre certains de nos mécanismes/comportements et les réparer. 

Commençons par le nerf vague lui-même. C’est un des douze nerfs crâniens (le 10ème plus exactement et celui qui est le plus long).



La plupart des nerfs sortent de la moelle épinière vers différentes parties du corps. Mais les nerfs crâniens dont fait partie le nerf vague, sortent directement du cerveau sans passer par la moelle épinière.


Ce nerf est appelé  « vague » parce qu’il s’étend un peu partout entre notre tête et notre abdomen. Ses fonctions physiologiques sont nombreuses et variées, avec des implications sur le rythme cardiaque et respiratoire, la digestion, la sécrétion de certaines glandes et il a même un rôle dans les réactions inflammatoires immunitaires..


Ce qui me fascine, c’est que Le nerf vague est un nerf mixte composé de 20 % de fibres « efférentes » (envoyant des signaux du cerveau vers le corps) et de 80 % de fibres « afférentes » (sensorielles) (transportant des informations du corps vers le cerveau) . Cela veut dire que 80% des informations proviennent du corps  vers le cerveau, tu comprends alors peut être pourquoi la thérapie par la parole seule, ou les thérapies cognitives seules ne sont pas suffisantes pour réguler le SN, guérir un trauma etc

 


Comme le montre le schéma ci-dessus, le système nerveux autonome (qui est chargé de maintenir l’homéostasie dans le corps principalement) et composé d’une branche sympathique et d’une autre parasympathique.


Le SNS est responsable de la réponse «combat ou fuite» lorsque nous percevons un danger (je dis bien percevons car ce danger peut être réel ou perçu).


Il va mobiliser tes ressources et sécréter les hormones CAN : cortisol, adrénaline, noradrénaline . Je ne suis pas ok, je dois réagir, les cortico surrénales sécrètent du cortisol, et les médullosurrénales sécrètent les 2 autres . Tu te doutes donc bien qu’une branche sympathique sollicité par excès induit une fatigue surrénalienne à terme et ça peut être une des raisons du burn out par exemple.



 Le système nerveux parasympathique fait le contraire : ramène notre corps à l'homéostasie , il permet au corps de revenir à un état d’équilibre après un stress et permet à la guérison de se produire. C’est la voie du nerf vague, avec l’acétylcholine (neuro transmetteur modulateur ) et la fameuse ocytocine.

D’ailleurs quand je suis ok, on peut penser à DOSE : dopamine,ocytocine, Serotonine, endorphine pour un moyen mnémotechnique.

 


Mais la TPV a apporté de la nuance car elle a découvert qu’il découvert que le nerf vague ouvrait le chemin à non pas UNE mais DEUX voies de réponses du parasympathique !


En effet la 3ème voie est celle du vagal dorsal qui permet l’immobilisation en cas de danger. Il y a même des personnes qui figent et qui s’évanouissent -pensez malaise vagal- et il est également possible de faire le mort.


Les animaux nous le montrent très bien. Un lion qui prend une gazelle dans sa gueule, elle sera immobile pour 2 raisons : pour moins ressentir la douleur, car le corps est magique et en cas de danger mortel, il peut t’anesthésier pour que tu ne ressentes pas la douleur, donc si le lion la croque, sa souffrance sera moindre. Et puis en faisant le mort, elle peut espérer que le lion la dépose pour aller faire autre chose, et qu’elle ait une fenêtre pour s’échapper.



Pour info, selon S. Porges il  y a eu un ordre historique dans l’apparition des composantes principales de ces systèmes.

-       La branche dorsale serait la plus ancienne , l’immobilisation est donc le premier mécanisme de survie d’un point de vue historique (ce qui semble logique si tu te réfères à ma gazelle de l’exemple juste avant)

 

-       Ensuite serait apparu le système sympathique (la lutte et la fuite , le Fight/flight) en cas de perception d’un danger

 

-        et enfin, plus récemment la branche ventrale du nerf vague ou ce qui est encore appelé système d’engagement social.

 

Je récapitule donc la théorie de Porges que je vais appeler TPV.


Il y a donc 3 circuits possibles :


-       La branche sympathique : le fight/flight qui va s’activer quand il y a une perception de danger pour que tu puisses mobiliser les ressources nécessaires pour combattre ou fuir via la libération de glucose dans le sang suite à une cascade homonale. Tu es face à un tigre, tu dois pouvoir te mobiliser et donc augmenter le métabolisme pour courir te cacher ou le combattre si tu es suffisamment dopé à l’adrénaline !

Donc le rythme cardiaque va s’accélerer, les voies bronchiques s’élargir, il y aura également une dilatation de la pupille, une augmentation de la pression artérielle. Quand cette branche est souvent activée, tu peux avoir des douleurs dans ton corps, des tensions notamment au niveau des trapèzes, du cou, du dos. Il peut y avoir également un ralentissement du mouvement du gros intestin parce que tu comprends que le plus important à ce moment-là c’est de fuir et pas aller à la selle. Bon certaines personnes peuvent avoir un transit accéléré aussi quand elles sont souvent dans le sympathique pour vidanger.


Quand tu es dans le sympathique de manière chronique (très souvent c’est l’état de normalité chez nombre de personnes), tu vas être irritable, irrité (coucou l’intestin irritable), angoissé, en hypervigilance, problèmes de sommeil . 

 

La branche parasympathique qui se divise en :

-       Vagal Ventral C’est la branche de la sécurité, de l’engagement social. Je me sens en sécurité, et je peux me connecter à l’autre. Je suis stable, j’ai confiance, je peux être dans un contexte social en toute facilité. Tu es réceptif, tu es zen, tu communiques avec les autres, tu lis les expressions faciales des autres sans percevoir de danger. C’est le vagal ventral que l’on va chercher à activer pour pouvoir réguler son SN (mais petit à petit sans brusquer le SN qui a pour but primaire de te protéger !). D’ailleurs, dans son livre « The Polyvagal Theory in Therapy », Deb Dana dit que « La TPV est la science de la sécurité et de la connexion, c’est la science de se sentir suffisamment en sécurité pour pouvoir tomber amoureux de la vie et prendre le risque de vivre ».

-        

 

-       Le vagal dorsal (2ème circuit du parasympathique et qui est donc la partie la plus primitive de notre système) qui lui est responsable du shutdown. Tu es dans l’inaction, tu te figes, tu ne peux pas bouger, tu fais le mort comme la gazelle. Tu es dans un mode de conservation d’énergie, le métabolisme se ralentit, ton cœur se ralentit, ta respiration aussi. Un peu comme un crocodile qui ne bouge pas alors qu’il est bien vivant. C’est l’état qui s’active quand il y a une perception de danger potentiellement mortel. Plus aucun espoir n’est permis, seul le repli sur soi est possible. Certaines personnes introvertis ou hypersensibles peuvent utiliser ce mode : elles se replient sur elles pour se ressourcer et se préserver. Tu ne peux donc ni fuir, ni combattre, tu te sens impuissant, piégé , l’immobilisation est donc ton dernier recours.


Tu reconnaitra ce mode de fonctionnement chez toi si tu te sens souvent seul, abandonné, épuisé, que tu as l’impression de ne pas avoir d’importance, de ne pas exister. Tu as envie de t’isoler ++, tu as 0 énergie, tu es dissocié, détaché, insensible aux émotions/coupé de tes émotions et c’est souvent là que tu scrolles par exemple sur Tik Tok.

Il n’y a pas un mode meilleur qu’un autre, nous changeons d’état un nombre incalculable de fois par jours, tu as besoin de ta branche sympathique pour t’enfuir si tu es face à un voleur, tu as besoin aussi de t’immobiliser quand tu sens que tu n’as pas d’autre issue.


Le plus important est de pouvoir naviguer avec aisance les 3 états.

Je te donne un exemple pratique qui me concerne. Tu vas passer le permis, 3 réponses sont possibles (il peut y avoir des états mixtes aussi je t’en parlerai une prochaine fois, tu as déjà pas mal d’informations techniques dans l’épisode du jour).

 

Réponse 1 : mode sympathique, stress++, tu es dans la fuite active, tu fonces, tu veux tout défoncer, tu es mobilisé à fond , tes hormones de stress aussi pour te booster et te permettre d’y arriver. 


Réponse 2 : mode vagal ventral, Tu t’es préparé, tu maîtrises le sujet, sais bien stationner, s’il y a un imprévu tu gères parceque tu as appris à conduire depuis longtemps !

Réponse 3 : mode dorsal, tu es paralysé par le stress, tu es totalement inhibé. Tu vas chercher à fuir aussi mais de manière passive : tu auras peut-être une gastro ce jour là comme par magie pour ne pas y aller et échapper à ce danger qui te semble mortel.

Et enfin pour terminer, il est important de savoir qu’on parle d’échelle dans la théorie polyvagale, comme tu peux le voir sur le dessin sur youtube et blog. En haut tu as le vagal ventral, quand tu te sens en sécurité et connecté, au milieu l’état sympathique de mobilisation pour fuir ou combattre et en bas le vagal dorsal quand tu es immobilisé et en shut down total. Ce qui est important de comprendre c’est que si ton état de base c’est le dorsal, avant de pouvoir arriver en haut de l’échelle à l’état de calme, il va falloir passer par le sympathique et donc mobiliser le corps notamment via le mouvement. C’est pour cela aussi que certaines personnes qui sont dans le dorsal, peuvent momentanément ressentir du stress ou de l’anxiété quand elles débutent un travail de régulation du système nerveux ou de renforcement du nerf vague ?




Je ferai un épisode plus pratique sur la TPV pour que tu puisses la vivre en direct avec moi, mais ce qui me semble primordial pour aller mieux et réguler son système nerveux en utilisant cette théorie-là :


1) Reconnaitre chacun de tes états et comprendre comment tu réagis (physiquement , émotionnellement, comportementalement) quand tu es dans chacun des 3 états

2) L’acceptation/Auto compassion pour passer de la résistance à l’acceptation de chacun de ces réponses inconscientes automatiques de ton SN


3)Te réguler pour accéder le plus souvent possible au mode vagal ventral. Pour cela il y a besoin de connaitre ses triggers/déclencheurs et ses glimmers (terme utilisé par Deb Dana) qui te permettent au contraire d’aller dans des états de sérénité et de joie. On pourra parle de ressources également.

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